Élevage canin et félin : et si on parlait enfin du bonheur que nous créons ?
- Cashmere Bengals
- 1 déc. 2025
- 4 min de lecture
Il y a une réalité dont on parle peu — ou pas assez.
Aujourd’hui, l’élevage canin et félin est régulièrement pointé du doigt. Les réseaux sociaux s’enflamment, certaines associations fustigent sans nuance, et la profession toute entière est devenue un terrain d’attaques constantes. Comme si aimer, soigner, nourrir, sélectionner, protéger… pouvait être résumé en un mot : éleveur = bourreau.
C’est devenu plus facile d’accuser que de comprendre.
Pourtant, derrière chaque éleveur sérieux, il y a bien plus que des pedigrees, des installations, des normes, des protocoles.
Il y a une vie entière consacrée au vivant.
Une profession devenue difficile — et pourtant essentielle
On oublie trop facilement que les éleveurs sont soumis à une avalanche de contraintes qu’ils ne maîtrisent pas :
La gestion des livres d’origine, parfois opaque, parfois politisée.
La désinformation sanitaire, qui fait paniquer le public à coup de “on m’a dit que…” et de vidéos virales.
Les réglementations mouvantes, encore et encore modifiées sans que les éleveurs soient réellement consultés.
La pression sociétale, qui condamne avant de comprendre.
Et malgré tout cela…Malgré les nuits blanches, les mises bas, les soins, les inquiétudes, les investissements financiers et émotionnels…
Les éleveurs continuent.
Pourquoi ?
Parce qu’il y a quelque chose de plus fort que les critiques.
Quelque chose que les associations les plus agressives oublient systématiquement.
Le bonheur. Le vrai. Celui qu’on ne met jamais en avant.
On parle de malheur, de misère animale, de cas extrêmes (qui existent et doivent être combattus, évidemment).
Mais qu’en est-il des millions d’animaux heureux, vivant dans des familles aimantes, stabilisées, choisies avec soin par des éleveurs responsables ?
Qui parle de ces foyers où un chien ou un chat, né dans les mains d’un éleveur dévoué, va partager 10, 12, 15 ans de joie ?
Qui parle de ces photos qu’on reçoit chaque semaine, de ces nouvelles, de ces anniversaires fêtés, de ces vidéos de chats endormis sur des genoux, de chiens qui vieillissent paisiblement auprès de leurs humains ?
Qui parle de l’impact réel, profond, de l’élevage sur les gens ?
Je vais vous raconter quelque chose.
Une lettre qui dit tout
Quand j’ai repris l’élevage, j’ai reçu une lettre.
Une adoptante d’il y a longtemps. Elle m’écrivait simplement pour me dire merci.
Merci pour les 14 ans de bonheur qu’elle avait vécus avec le chaton que j’avais fait naître.
Quatorze ans.Quatorze années de douceur, de complicité, de présence, de lumière dans sa vie.
Ce message m’a rappelé pourquoi nous faisons tout cela.
Pas pour les pedigrees.Pas pour les concours.Pas pour l’argent (et tous les éleveurs savent que si c’était pour l’argent, ils auraient choisi autre chose…).
Nous faisons cela pour ça : pour créer du bonheur durable.
Des vies entières transformées parce qu’un jour, un petit être est né dans nos mains.
Il y a des animaux malheureux, oui. Mais combien d’animaux heureux grâce aux éleveurs ?
La réalité est simple :
Pour chaque cas d’animal maltraité médiatisé, il y a des milliers d’animaux équilibrés, choyés, aimés, suivis.
Pour chaque critique facile sur “les éleveurs”, il y a des centaines d’histoires vraies de familles comblées.
Pour chaque plainte généralisée contre “l’élevage”, il y a des sourires, des câlins, des souvenirs, que personne ne raconte.
Parce que le bonheur ne fait pas de bruit. Le bonheur de "troll " pas les réseaux sociaux. Il n'est pas nourrit de subventions publiques, il n'est pas obligé de militer pour une cause afin justifier son existence.
Parce que les familles comblées ne crient pas dans la rue :« Mon chat d’éleveur va super bien ! »« Mon chien est équilibré, sociable, heureux ! »
Et pourtant…c’est la vérité la plus massive, la plus silencieuse, la plus évidente.
Et puis… il y aura toujours des adoptants mécontents
Soyons honnêtes : dans ce climat où le discours “anti-élevage” et “anti-vente d’animaux” prend de plus en plus de place, certains adoptants finissent par se laisser influencer.
Ils arrivent avec des attentes éloignées de la réalité du vivant, persuadés — souvent malgré eux — qu’un animal devrait fonctionner comme un objet sous garantie. Comme si un chaton ou un chiot était comparable à une machine à laver qui, au moindre “défaut”, devrait être remplacée, remboursée, ou rendue sans discussion.
Ils oublient qu’un être vivant n’est pas un produit industriel.
Un être vivant peut tomber malade, avoir besoin d’attention, demander du temps, connaître des hauts et des bas — comme nous tous.
Et parfois, ces adoptants déçus n’ont pas réellement eu un problème… ils ont simplement été séduits par la rhétorique facile qui blame l’éleveur pour tout, même pour ce qui relève de la nature, de l’imprévu, ou de leur propre responsabilité.
L’éleveur, dans ces cas-là, devient le bouc émissaire idéal.
Mais ces réactions isolées ne doivent pas faire oublier tous les autres :toutes ces familles qui savent que le vivant est précieux, fragile, magnifique — et qui vivent des années de bonheur grâce au travail des éleveurs responsables.
L’élevage n’est pas parfait — mais il est précieux dans une société ou tout est fait pour nous rendre malheureux.
Élever, c’est assumer des responsabilités immenses.
C’est se former, se remettre en question, s’adapter, protéger des lignées, conserver une diversité génétique, améliorer la santé des animaux.
C’est un métier qui demande du courage. Et aussi beaucoup d’amour.
Un amour exigeant, lucide, engagé.
Alors oui, parlons de tout. Mais parlons aussi de ça.
Parlons des animaux heureux.
Des familles transformées.
Des années de bonheur silencieux.
Des éleveurs qui se battent pour faire bien — parfois dans l’ombre, toujours sous pression.
Il est temps de redonner une voix à ceux qui travaillent pour la vie, et non contre elle.
Parce qu’au-delà des polémiques, il reste une vérité que personne ne peut nier :
Les bons éleveurs créent du bonheur.


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