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Génétique  du poil long chez le Bengal Cashmere

Le Bengal Cashmere est la version à poil long du Bengal. Bien que spectaculaire et de plus en plus recherché, le poil long est un trait génétique complexe, encore peu compris du grand public et même de certains éleveurs.

Cette page vise à expliquer les bases de ce gène, pourquoi son travail est long et délicat, et pourquoi tous les porteurs ne s’expriment pas de la même manière. 

Penser qu’on peut « travailler le Cashmere » avec un ou deux reproducteurs, c’est mignon … mais totalement irréaliste ( et laisse imaginer en creux un usage de consanguinité à venir ! ) 
Il faut des lignées multiples, du recul, un budget important ( oserais-je dire colossal )  et de la vraie sélection pour obtenir un Cashmere.

👉 Bref : le travail du Cashmere ne s’improvise pas. 

Voir notre article sur les lignées multiples 

Comment un Bengal devient Cashmere ? 

 

Pour qu’un Bengal exprime le poil long, il doit posséder deux allèles de poil long, c’est-à-dire être homozygote pour un gène de type "longhair".

En pratique, cela signifie :

  • M4/M4 : le cas le plus connu et le plus fréquemment testé chez le Bengal.

  • Ou Hétérozygote de deux allèles différents du gène poil long encore plus rare mais infiniment plus précieux encore !  ( principe du cashmere autonome

  • M4/MX : où MX représente une variante encore inconnue ou non testée par les laboratoires.

  • M4/M1, M4/M2, ou d’autres combinaisons possibles.

 

L’important n’est pas que les deux allèles soient identiques, mais qu’ils soient tous deux des versions "poil long". Dès qu’un chat réunit deux allèles longhair, le phénotype Cashmere s’exprime.

À l’inverse :

  • Un chat porteur aura un seul allèle longhair (ex : M4/N) et n’exprimera pas le poil long ( ou légèrement expressif selon "la force" du gène transmis dit cryptique  ) 

Un gène ancien et récessif

Le poil long ( LH ) n’est pas une invention moderne : il existe depuis les ancêtres félins du Bengal, et peut réapparaître lorsque deux porteurs sont mariés. Le gène est récessif, ce qui signifie :

  • Un chat à poil court peut porter le gène sans le montrer. Il est alors LH dit hétérozygote. 

  • Deux porteurs peuvent produire des chatons à poil long (Cashmere). Le chaton porte alors un allèle LH donné par chaque parents - il est LH homozygote . 

  • Un chat Cashmere ( homozygote LH )  transmet automatiquement le gène  ( hétérozygote à Minima )

  • Un chat Cashmere HETEROZYGOTE sur deux mutations du gène poil long - pourrait transmettre (statistiquement sur 25% des chatons ) deux gènes en même temps : exemple M4/M1 ou M4/M2 etc... un précieux "autonome" pour un élevage car il peut sans mariage avec un porteur long hair donner des chatons LONG HAIR directement ).  

 

Pourquoi le travailler prend des années

Le travail du poil long demande du temps pour plusieurs raisons :

Il existe en réalité une dizaine de gènes du poil long

Contrairement à l’idée répandue selon laquelle il n’existerait qu’un seul gène « poil long », les études génétiques montrent qu’il existe une dizaine de variantes impliquées dans l’allongement du pelage.

Certaines sont connues, d’autres encore non identifiées.

Il existe également des associations de gènes. 

Seuls 4 à 5 gènes sont aujourd’hui testables commercialement

Les laboratoires commerciaux n’en testent qu’une partie (généralement les variantes FGF5 les plus courantes). Cela signifie que :

  • Un chat testé "non porteur" peut être porteur d’un autre gène non testé.

  • Plusieurs variantes peuvent interagir et donner des effets différents sur la texture, la densité ou la longueur du poil.

Entre les modificateurs, les interactions inconnues et les allèles non testés, la transmission du Cashmere est tout sauf simple si l'on vise le haut de gamme. 
Sans diversité génétique, sans multiplication des lignées et sans vraie stratégie, on ne maîtrise rien — on subit les résultats. 

👉 La génétique ne pardonne pas les raccourcis.

Statistiques génétiques : théorie vs réalité

Lorsqu’on parle de génétique du poil long, les pourcentages souvent cités — 25 %, 50 %, 100 % — ne représentent qu’une tendance statistique, observée sur un grand nombre de naissances.

Dans la réalité, une portée n’obéit pas toujours à ces probabilités. On peut ainsi obtenir :

  • 0 % de porteurs dans un mariage censé en produire 50 %,

  • 100 % de porteurs ou de Cashmere là où la théorie en prévoyait seulement une partie,

  • ou encore des portées entières qui contredisent totalement les ratios attendus.

C’est normal : la génétique fonctionne comme un tirage aléatoire à chaque conception, et les lois statistiques ne s’équilibrent qu’au fil d’un grand nombre de naissances. C’est pourquoi travailler le Cashmere demande du recul, des lignées multiples et une observation sur la durée — pas sur une seule portée, ni sur un “coup de chance”.

Sur certains mariages avec des non-porteurs, la pénétrance du gène longhair peut nous échapper complètement : même lorsqu’un parent est porteur, l’expression du gène peut varier, donnant parfois l’impression d’une transmission nulle ou imprévisible. 

Pourquoi deux Cashmere peuvent produire du poil court

 

Même lorsque les reproducteurs sont à poil long, la présence de multiples gènes et leurs interactions peuvent produire :

  • du poil court ( porteur du gène LH ) 

  • du mi-long

  • du long

  • du très long type “Cashmere extrême”

Le Cashmere n’est pas une simple "version longue" : c’est une combinaison génétique subtile, avec plusieurs modificateurs.

Les porteurs LH : une richesse indispensable

Les chats porteurs sont essentiels :

  • Ils permettent de travailler le Bengal ( poils court ) tout en conservant la génétique du poil long.

  • Ils évitent d’appauvrir les lignées en ne mariant que des Cashmere entre eux.

  • Ils sont souvent plus typés que les Cashmere et équilibrent la lignée.

 

De nombreux éleveurs sérieux utilisent une alternance :

  • Cashmere × porteur

  • Cashmere × Cashmere (sélectivement)

  • Porteur × porteur 

 

Cela permet de stabiliser le poil long sans saturer la génétique, tout en produisant des lignées saines et typées.    

La consanguinité même en "linebreeding" ne doit pas être utilisée chez le Cashmere et le Bengal en général. 

Pourquoi nous travaillons avec des Bengals à grosses rosettes – et pourquoi certains mâles sont indispensables même s’ils rallongent le travail 

Dans notre programme, nous avons observé une réalité incontournable sur notre première génération : le poil long adoucit( voir floutte )  visuellement les rosettes.  

Tous les porteurs que nous avons identifiés pour créer notre base de travail avaient un type "Wild" , qui sur nos sélections de porteurs "expressif" déstructure le motif spotted. 

Forcément entre un pelage à motifs avec un poil de 0.5mm et un poil sur porteur LH cryptique de 1 à 1,5cm voir plus - le rendu sera complètement différent. 

 

Même si le gène spotted ne change pas, son expression devient naturellement moins nette sur un pelage Cashmere ou porteur expressif. 


C’est pour cette raison qu’il est illusoire de travailler le Cashmere avec des Bengals aux robes “wild type  ” à petites rosettes. 

Pour obtenir des Cashmere aux rosettes visibles, contrastées et spectaculaires, il faut partir de rosettes larges et massives.

C’est exactement pourquoi des mâles comme Rasta et Aegon sont intégrés à notre programme :
Leurs rosettes XXL, leur contraste et leur structure permettent de venir compenser l’effet visuel du poil long et de maintenir un spotted clair, même sur les générations futures. 

 

Oui, cela rallonge notre travail générationnel.
 

Oui, cela ralentit en partie - nos objectifs à court terme.

 

Mais c’est le seul moyen sérieux d’obtenir, à long terme, un Cashmere haut de gamme, avec un type puissant et des rosettes réellement lisibles sur poil long.

 

👉 Le Cashmere exige vue d’ensemble, patience et stratégie.

Pas du bricolage.

Quant à la reconnaissance de cette variation par le LOOF, elle n’exigera rien d’autre qu’un nombre conséquent de sujets réellement exceptionnels à présenter en comité et expositions, reproductibles sur plusieurs générations.

Tout le reste n’est que poudre aux yeux.

Pourquoi le Cashmere est rare et précieux

Le Bengal Cashmere demande :

  • des années de travail généalogique

  • une compréhension fine des gènes du poil

  • une sélection stricte sur le type, la santé, les rosettes

  • une gestion rigoureuse de la diversité génétique

 

C’est ce qui fait du Bengal Cashmere un chat d’exception, alliant l’élégance du Bengal au charme du poil long.

Le gène du poil long chez le Bengal Cashmere est passionnant, complexe et encore en pleine découverte. Sa beauté est le fruit d’un travail patient et réfléchi qui demande à la fois expertise, vision et respect de la génétique. Les lignées Cashmere d’aujourd’hui sont les pionnières d’un travail de fond qui continuera d’évoluer dans les années à venir.

 

Nous confierons volontiers des porteurs longhair à des éleveurs passionnés, humbles et réellement engagés dans un travail générationnel, pour qui la construction patiente d’une lignée est un objectif — pas une illusion.       

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