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Pourquoi travailler le Cashmere exige des lignées multiples

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Travailler le Bengal Cashmere de manière intelligente et responsable ne peut en aucun cas se faire à partir d’une seule lignée, ni même de deux reproducteurs, aussi qualitatifs soient-ils.


Le gène du poil long est récessif, multivariant et modulé par de nombreux facteurs génétiques.Cela implique une réalité incontournable : sans diversité génétique, il est impossible de maîtriser durablement le Cashmere.


❌ Le mythe de la “lignée unique”


Penser que l’on peut “créer du Cashmere” avec :

  • un mâle porteur,

  • une femelle Cashmere,

  • ou une seule famille génétique,

revient à :

  • figer les mêmes allèles,

  • amplifier les mêmes défauts,

  • et ouvrir mécaniquement la porte à la consanguinité, même lorsqu’elle n’est pas affichée.


À court terme, les résultats peuvent sembler “fonctionner”. À moyen et long terme, la génétique rattrape toujours les raccourcis : baisse de vitalité, homogénéisation excessive, perte de robustesse, appauvrissement du type.


Une dérive européenne déjà dangereuse


Il est essentiel de le dire clairement et sans tabous : la diffusion actuelle du Bengal Cashmere en Europe repose sur une base génétique extrêmement étroite.

À ce jour, la quasi-totalité des Bengals Cashmere visibles et reproduits en Europe proviennent de seulement deux pôles génétiques majeurs, issus de deux élevages fondateurs, dont les lignées ont été largement redistribuées et réutilisées sous différents affixes. Ils n'ont jamais présenté un seul chat extérieur à leurs propres lignées.

Aujourd'hui les nouveaux éléveurs européens de Bengal cashmere importent massivement leurs reproducteurs depuis ces 2 lignées-pôles européens.

On retrouve donc cette alternance des deux lignées absolument partout.


Les chatons naissent ensuite sous un affixe différent ou un pays différent et cette situation crée une illusion de diversité, alors qu’en réalité, les mêmes gènes circulent, se croisent et se recyclent à grande échelle.

À court terme, cette concentration peut passer inaperçue sauf pour les éléveurs expérimentés.


À moyen et long terme, elle constitue une dérive génétique déjà préoccupante, exposant la variété Cashmere aux mêmes risques que ceux observés aujourd’hui dans le Bengal à poil court : appauvrissement génétique, fragilités immunitaires, baisse de fertilité et perte de résilience globale.

Le Cashmere, censé représenter une opportunité de diversification pour la race, ne peut pas remplir ce rôle s’il est lui-même enfermé dans un modèle à lignées réduites.


Sans une ouverture réelle à des lignées multiples, indépendantes et stratégiquement sélectionnées, le Cashmere européen risque de reproduire — voire d’amplifier — les erreurs déjà commises ailleurs.


👉 La rareté du Cashmere ne doit pas devenir un prétexte à la concentration génétique en utilisant que 2 lignées . Elle impose au contraire une responsabilité accrue.


Un travail de fond indéniable, mais une base qui doit désormais s’élargir


Il serait toutefois intellectuellement malhonnête de nier la qualité du travail réalisé à l’origine de ces lignées fondatrices.

Leur approche et apport du gène du poil long ont permis de poser une base intéressante, tant sur le plan du type, de la structure, que des couleurs.

Après plusieurs générations de sélection, ces chats présentent indéniablement des profils prometteurs, cohérents et visuellement aboutis.


Ce travail pionnier a contribué à faire émerger le Cashmere Bengal sur la scène européenne et à lui donner une première lisibilité. Il constitue une étape fondatrice importante, sans laquelle cette variété n’aurait probablement pas gagné l’intérêt qu’elle suscite aujourd’hui.


Cependant, toute base, aussi qualitative soit-elle, atteint inévitablement ses limites lorsqu’elle n’est pas relayée par une diversification génétique réelle.

La qualité d’un point de départ ne suffit pas à garantir la durabilité d’une population sur le long terme. Ce qui a permis de construire doit désormais servir de socle à une ouverture, et non devenir un modèle figé.


👉 Reconnaître la valeur du travail initial n’exclut pas la nécessité d’aller plus loin.


Au contraire, c’est précisément parce que cette base est intéressante qu’elle mérite d’être enrichie, élargie et sécurisée génétiquement.


----> LE CHALLENGE - Il est visible de voir que seulement 2 ou 3 générations sans apports "régénératifs" du gène long hair et de gènes de "structure" - affaiblissent fondamentalement le rendu visuel du cashmere, le poil ne tient pas ( manque de gainage ) , le "mi-long" frôle le court chez certains chats - ce résultat est lié à la dilution des gènes modificateurs ( texture, gainage ) accompagnant le poils long et aucun test ne les détermine. Le gène LH ne suffit JAMAIS mais il le seul visible "génétiquement".

Les modificateurs eux sont parfois visibles ou silencieux ... leur détermination relève de l'expérience de l'eleveur.

A ce jour, les mariages sur poils courts exigés en France par le LOOF crée l'effet contraire à ceux attendus en exposition internationale et par les adoptants eux-mêmes.

A savoir à l'international on attend - un mi-long - long véritablement exceptionnel, gainé , fluffy etc .... d'ou les stratégies d'élevages différentes à l'étranger mais souvent non documentés.


Encore une fois le développement d'une variation poil long qualitatif n'ai pas l'affaire d'eleveurs inexpérimentés ou figés dans l'idéologie de race.... JAMAIS cela n'a fonctionné ainsi dans l'évolution d'une race quelqu'elle soit.



Lignées multiples : la seule approche sérieuse


Un travail sérieux sur le Cashmere repose obligatoirement sur :


  • plusieurs lignées indépendantes,

  • des origines génétiques réellement différentes afin d'enrichir le gène LONG Hair de modificateurs ( gainage du poil, structure etc... )

  • des reproducteurs sélectionnés pour des qualités complémentaires.- compte tenu de la rareté de cette variation, les concessions sout toujours nécessaires.


Pourquoi ? Parce que :

  • le poil long ne s’exprime pas de la même manière selon les lignées,

  • les modificateurs du poil varient fortement,

  • et la combinaison des gènes influence la longueur, la texture, la densité, mais aussi le type et la lisibilité des rosettes.


Les lignées multiples permettent :

  • de comparer,

  • de corriger,

  • d’anticiper,

  • et surtout de choisir, au lieu de subir.


Cashmere ≠ consanguinité déguisée


Contrairement à certaines idées reçues, le Cashmere ne doit jamais être travaillé en vase clos.


Même le linebreeding léger est à manier avec une extrême prudence chez le Bengal, et plus encore sur le Cashmere. Le Bengal présente actuellement une consanguinté structurelle de 20 à 25% - travailler en consanguinité aujourd'hui sur le bengal relève d'une irresponsabilité totale.


Un programme structuré repose sur :

  • Cashmere × porteur (lignées différentes)

  • porteur × porteur (sélectionné)

  • Cashmere × Cashmere de lignées distinctes, et uniquement lorsque cela a un sens génétique

  • Non porteur x porteurs

  • Non porteur x Cashmere


Cette alternance permet :

  • de stabiliser le poil long,

  • de préserver la diversité,

  • de maintenir le type,

  • et d’assurer la pérennité de la lignée.


Une vision long terme, pas un “effet de mode”


Le Cashmere ne se travaille pas sur une portée, ni sur deux générations.

Il exige :

  • du recul,

  • de la patience,

  • des moyens,

  • et une vision généalogique sur plusieurs décennies, pas sur un planning de vente.


👉 Les lignées multiples ne sont pas une option. Elles sont la condition minimale pour un Cashmere haut de gamme, sain et durable.

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