« S’ils en viennent à tuer nos vaches… un jour ils viendront tuer nos chiens »
- Cashmere Bengals
- 12 déc. 2025
- 3 min de lecture
Est-il raisonnable de confier des décisions sanitaires majeures à une bureaucratie politicienne éloignée des réalités du terrain, dépendante de logiques administratives et budgétaires, sans garantie claire sur l’expertise scientifique mobilisée ni sur l’indépendance réelle des décideurs ?
Et lorsque cette expertise fait défaut, quelles influences guident alors ces choix ?
Mme Genevard n’est pas issue d’une formation agricole ou scientifique spécialisée en agriculture ou épidémiologie animale, mais a une longue expérience politique au sein des institutions françaises.
Avant sa carrière politique nationale, elle a été professeure de lettres classiques et élue locale (maire de Morteau). Qui donc alors influence ou impose ses choix ?
Les questions sont ouvertes !
Selon les recherches de Mr Jean-Marc Sabatier, chercheur au CNRS – Analyse et mise en perspective
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins est une maladie virale causée par un Capripoxvirus, proche des virus de la variole ovine et caprine.Elle est transmise principalement par des vecteurs piqueurs : moustiques, taons, mouches hématophages. Dans une moindre mesure, la contamination peut se faire par les sécrétions et lésions cutanées.
La période d’incubation varie de 4 à 14 jours, pouvant aller jusqu’à 28 jours.Les symptômes sont connus : nodules cutanés, lésions des muqueuses, œdèmes, amaigrissement.
La maladie circule depuis des années en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Europe de l’Est.
👉 Elle est désormais présente en France.
Une réponse sanitaire disproportionnée
Face à l’apparition de la DNC, la réponse choisie par les autorités françaises est claire :👉 abattage systématique des troupeaux, y compris d’animaux peu ou pas symptomatiques.
Cette décision peut légitimement être qualifiée de scandale, et ce pour des raisons scientifiques, éthiques, économiques et sanitaires.
Une maladie majoritairement bénigne
Contrairement à l’image alarmiste véhiculée :
le taux de mortalité est généralement inférieur à 1 %,
même sans traitement,
la majorité des bovins guérissent spontanément en quelques semaines.
Oui, les lésions cutanées peuvent être impressionnantes.Non, elles ne sont pas graves dans l’immense majorité des cas.
On parle ici d’une maladie non foudroyante, non massivement mortelle, et bien connue scientifiquement.
Aucun risque pour l’être humain
Point essentiel, souvent passé sous silence :
👉 Le virus de la dermatose nodulaire contagieuse n’est pas zoonotique.
Aucun cas de transmission à l’homme n’a jamais été documenté.
Il n’existe aucun risque pour la santé publique humaine.
La DNC n’affecte que les bovins.
Dès lors, sur quelle base rationnelle justifier l’élimination massive d’animaux sains ou guérissables ?
Des alternatives existent… mais ne sont pas retenues
La science et la médecine vétérinaire ne sont pas démunies.
es stratégies alternatives existent et sont documentées :
isolement temporaire des animaux malades,
traitements symptomatiques combinés, incluant par exemple :
ivermectine (contre les vecteurs),
antibiotiques (prévention des surinfections),
antalgiques et anti-inflammatoires.
Ces approches permettent :
de limiter la propagation,
de soulager les animaux,
de préserver les cheptels,
et de respecter le vivant.
Mais elles sont écartées au profit d’une solution radicale : tuer.
Une logique dangereuse : quand l’exception devient la norme
Aujourd’hui, ce sont les vaches.Demain, qui ?
Cette logique pose une question fondamentale :
À partir de quel moment accepte-t-on qu’un animal soit éliminé non parce qu’il est dangereux, incurable ou zoonotique, mais simplement parce qu’il est porteur potentiel d’un virus bénin ?
Si l’on accepte :
l’abattage systématique d’animaux non mortellement atteints,
l’élimination préventive sans individualisation,
le sacrifice économique et génétique de troupeaux entiers,
alors la frontière est franchie.
« S’ils en viennent à tuer nos vaches… »
Cette phrase n’est pas une provocation gratuite.
Elle est un signal d’alerte.
Elle rappelle que lorsqu’une société accepte la destruction systématique du vivant au nom d’une gestion administrative du risque, plus rien n’est réellement protégé.
Les animaux de rente aujourd’hui.
Les animaux de compagnie demain.
Et après ?
Conclusion : défendre le vivant, ce n’est pas nier la science
Refuser l’abattage systématique :
ce n’est pas être anti-science,
ce n’est pas nier les maladies,
ce n’est pas refuser la prévention.
C’est au contraire exiger une réponse proportionnée, fondée sur les faits, respectueuse du vivant, de l’économie agricole et du bon sens scientifique.
La science n’appelle pas à tuer aveuglément.
Elle appelle à comprendre, traiter, isoler, accompagner.

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